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Bousille et les justes

Histoire du théâtre québécois














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L'opposition de l'Église catholique aux représentations publiques de théâtre a toujours été un des principaux obstacles à son expansion au Canada français mais, paradoxalement, c'est aussi le clergé qui, par son encouragement de l'art dramatique comme outil pédagogique, a inculqué la connaissance et l'appréciation des différents genres théâtraux préalables au succès des présentations publiques. On peut donc en grande partie attribuer au clergé la naissance du théâtre contemporain au Québec, parce que c'est le dévouement de prêtres dynamiques comme Émile Legault, Georges-Henri d'Auteuil et Gustave Lamarche qui permet de sortir le théâtre de la stagnation dans les années 1930. La contribution du père Legault a un effet plus durable du fait qu'il forme, en 1937-1938, une petite troupe d'amateurs, les Compagnons de Saint-Laurent, et qu'il réussit à rendre au théâtre sa fraîcheur et sa magie. Lorsqu’elle se dissout en 1952, la troupe des Compagnons a réussi à former un public vaste, sensible et exigeant, capable d'apprécier le talent et les qualités professionnels véritables. Alors que Montréal se transforme en vraie métropole et que le Québec prend conscience de sa propre identité, cet enthousiasme mènera au dynamisme du théâtre qui caractérise les années 1960 et 1970. Pour certains historiens, la première de la pièce Tit-Coq de Gratien Gélinas constitue, en 1948, la naissance du théâtre et de l'art dramatique modernes au Québec. Malgré l'évidente importance de l'événement, il faut considérer cette hypothèse avec beaucoup de prudence. N'oublions pas que Gélinas lui-même est issu des conditions des années 1930. Toutefois, la description que fait Gélinas de l'enfant illégitime et orphelin Tit-Coq et de sa défaite dans son refus de se soumettre aux valeurs du Québec de son époque fait vibrer une corde sensible chez le public. D'autres écrivains québécois, inspirés par Tit-coq, connaissent le succès dans les années 1940 et 1950. Depuis lors, malgré de fréquentes difficultés financières, le nombre de théâtres d'été ne cesse d'augmenter. La Révolution tranquille des années 1960 infuse aux arts dramatiques une vigueur sans précédent et un nouveau professionnalisme confiant. De 1959 à 1968, le nombre de nouvelles troupes triple à Montréal seulement. Dans les années 1960 se développe également un phénomène qu'on appelle aujourd'hui le « théâtre alternatif », grandement opposé à ce que bon nombre de gens perçoivent comme une « institution » théâtrale croissante, et menaçant pour l'originalité et l'improvisation. Les dynamiques communautés théâtrales du Québec s'ouvrent alors à des considérations plus universelles. Dans les années 1970, apparaissent les premières troupes entièrement féminines. Elles mettent en scène des œuvres collectivistes créées par des femmes pour les femmes. Vers la fin des années 1970, les femmes commencent à occuper des postes d'influence.  Dans les années 1980, la dramaturgie continue à se désintéresser des sujets politiques étroits. Les années 1980 et 1990 se caractérisent aussi par des problèmes financiers persistants en raison du peu d'appui de la part des organismes de financement public et d'une économie urbaine généralement en crise.  Le Québec entre dans le XXIe siècle, et sa scène demeure vivante et innovatrice, grâce à la génération actuelle d'auteurs, de metteurs en scène, d'acteurs et de décorateurs dynamiques, dont le talent assurera certainement la survie du théâtre francophone au Canada.